Les prévisions de récolte
Pour les producteurs de bulbes à fleurs, cette période semble calme : tout le travail à effectuer consiste à arroser les champs lorsqu’ils risquent de devenir trop secs.
Mais entre-temps, les esprits des producteurs sont plus agités que les champs et les hangars. Dans ce calme avant la tempête, on ressent toujours la nervosité habituelle : tout est-il bien organisé pour la récolte à venir ?
Le personnel, les machines, la capacité de séchage, suffisamment de caisses et toutes sortes d’autres détails à régler pour la saison. Mais la grande question reste toujours la même : comment les bulbes vont-ils se développer ?

Plage de Petten, mercredi 16 juin à 22 h
Dans l’ensemble, cela semblait plutôt bien se présenter. Malgré une floraison très tardive, les champs de bulbes avaient bien conservé leurs couleurs. Les cultures se portaient bien, mais les deux journées incroyablement chaudes de la semaine dernière n’ont pas fait de bien aux bulbes. On a vu les champs de bulbes changer de couleur.

Notre voisin Edwin était lui aussi de nouveau en train de fouiller dans ses bulbes. C’est donc une bonne personne à qui demander ce qu’il pense de la récolte.
Edwin cultive ses bulbes d’une manière un peu plus scientifique. Il fait analyser des échantillons de son sol afin d’apporter la fertilisation appropriée aux tulipes, vérifie presque quotidiennement l’humidité et le niveau d’eau de ses terres et survole chaque semaine ses bulbes avec un drone pour voir si des irrégularités apparaissent dans le champ. Bref, c’est un producteur de bulbes qui ne laisse rien au hasard.
Mais Edwin n’était pas particulièrement négatif au sujet des bulbes. Il aurait préféré se passer de ces deux journées chaudes, mais il était loin d’être mécontent de leur calibre. Regardez, ils sont encore blancs, donc ils continuent à pousser un peu, ils vont bien finir par arriver à maturité. Il est certain qu’ils ne débordent pas du panier, a-t-il expliqué, mais ils ne seront certainement pas mauvais. « Déborder du panier » est une ancienne expression datant de l’époque où tous les bulbes étaient encore conditionnés dans des paniers. Lorsque les bulbes étaient très gros, on disait qu’ils débordaient du panier.
Pour me faire une bonne idée de leur croissance, je suis également allé voir Eric. Eric possède une énorme collection de tulipes et commence toujours à les arracher tôt. Comme moi, il pense que les bulbes seront de bonne qualité. Mais, a-t-il ajouté, on peut bien sûr aussi écouter les sagesses des producteurs, qui, avec des affirmations catégoriques, peuvent vous dire exactement ce qui va se passer.
Des sagesses comme « S’il pleut en mai, avril est terminé », « Neige en novembre… Noël en décembre » et « Les mouettes volent haut, donc nous resterons au sec » sont bien sûr des affirmations fantastiques qui permettent de prévoir parfaitement la récolte. Mais aujourd’hui, les étourneaux volent bas : il va donc certainement encore pleuvoir.
Tout compte fait, nous pensons que les bulbes seront de bonne qualité. Les tulipes précoces, c’est-à-dire les variétés qui fleurissent tôt et dépérissent tôt, sont certainement belles. Il semble que les variétés tardives aient raisonnablement bien supporté les journées chaudes et, maintenant que Dame Nature nous a gratifiés de quelques fortes averses, elles peuvent encore pousser un peu une dernière fois.
La récolte des crocus a déjà commencé çà et là, et j’y vois également de beaux bulbes sains et entends de bonnes nouvelles concernant les rendements.
Je pense que nous pouvons nous attendre à une belle saison des bulbes, avec des bulbes à fleurs d’excellente qualité.
Je retourne vite dehors : j’ai vu que le criocère du lys avait causé quelques dégâts. Et sa compagne, la « poule du lys », était en train de pondre des œufs sur les lys. Les véritables grands responsables ne sont d’ailleurs ni le coq ni la poule : ce sont leurs larves qui causent le plus de dégâts à vos lys. En suivant ce lien, vous pourrez lire et voir, en bas de la page, à quoi ressemblent les larves.
Cordialement,
Carlos van der Veek


